Tribune de Saint-Mandé – mai 2022 : Les 50 ans du rapport du « Club de Rome »
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En 1972 paraissait le rapport dit « du club de Rome » sur « Les limites à la croissance ». Créé quelques années plus tôt, ce club rassemblait des dirigeants d’entreprise, des économistes, des scientifiques, qui partageaient une interrogation : une croissance infinie dans un monde fini est-elle possible ?

Cette question est alors confiée à une équipe de scientifiques du Massachusetts Institute of Technology (MIT) qui modélisent les flux physiques dont dépend notre vie, autour de 5 paramètres : population, production de nourriture, production industrielle, pollution et consommation de ressources, (le changement climatique n’est pas encore pris en compte).

Le résultat est sans appel : le niveau de vie doit chuter fortement, au cours du 21ème siècle sous la contrainte de la pollution industrielle et de l’épuisement des ressources fossiles. Plusieurs scénarios, incluant un fort progrès technologique pour une consommation moindre de ressources et une émission moindre de pollution conduisent au même résultat, repoussé seulement d’une ou deux décennies.

Si nous sommes aujourd’hui nombreux à comprendre l’urgence liée au changement climatique, nous sommes moins alertés sur les deux crises parallèles que sont l’épuisement des ressources et la chute de la biodiversité – alors que le rapport du club de Rome indiquait qu’elles justifient à elles seules un changement de trajectoire.

Voilà pourquoi les promesses de salut par la seule technologie sont un leurre dangereux, une idée aussi vaine que celle de remplacer sur une place publique des arbres par des brumisateurs. Nos modes de vie doivent changer mais contrairement à ce que disent les adversaires de l’écologie politique nous avons aussi à y gagner. Car quel confort de vie nous apporte, en réalité, les gadgets en plastique, les écrans publicitaires, les embouteillages ? Et qu’est-ce que cela représente au regard des difficultés d’accès à la nourriture, à l’eau potable que nous risquons à une échéance pas si lointaine ?

Et Saint-Mandé dans tout cela ?

Que déduire à l’échelle locale de ces considérations à l’échelle mondiale ?

La collectivité peut contribuer à une trajectoire vertueuse au travers de ses actions propres, ses budgets et son pouvoir de réglementation (plan local d’urbanisme, règlement local de publicité…) à l’échelle de la commune ou du territoire. Mais nous l’avons déjà écrit ici à maintes reprises, la ville de Saint-Mandé ne prend pas la mesure de ces enjeux pourtant vitaux : pas de plan de route pour sortir du modèle tout automobile (la voiture y reste le mode privilégié alors que son territoire petit et bien desservi en transports en commun ne le justifie nullement) ; pas de plan pour la réduction des déchets ; un plan de rénovation énergétique des bâtiments trop timide, etc.

Les petites mesures ne suffisent pas, il faut changer de braquet.