Un message d’Esther Benbassa, sénatrice EELV du Val-de-Marne

La vie d’une sénatrice est à la fois éreintante et passionnante. Je circule à travers tout le département, honore les grandes commémorations aux côtés du Préfet, appuie les candidats EELV aux élections, comme je l’ai fait, par exemple, lors des municipales, à Vincennes où je suis venue soutenir Pierre Serne et son équipe. Je réponds aux doléances des habitants, aide les associations avec ma réserve parlementaire, me rends à moult réunions pour rester en contact avec la population et ses élus. Et quand arrive janvier, je tourbillonne de ville en ville pour les cérémonies des vœux, autre occasion de me mettre au diapason du terrain. Je ne suis au fond qu’une toile tissée de fils multicolores, qui s’étend du Sénat jusqu’à chacune des communes du 94.

Oreille et porte-parole de sa circonscription, une sénatrice est avant tout une législatrice passant ses jours et ses nuits à produire ou à accompagner des textes de loi, à en débattre, à tenter de les faire voter, ou au moins de les amender pour qu’ils répondent au modèle de société auquel nous aspirons. Venant de la société civile, je suis au sein du groupe écologiste du Sénat celle qui s’occupe des droits humains, des discriminations et des libertés individuelles. Vaste domaine, où il est d’usage de prendre des coups… J’ai défendu le mariage pour tous, les droits des transsexuels, la légalisation du cannabis, les détenus malades, la réforme pénale, les immigrés, les banlieues, l’abrogation du délit de racolage, les gens du voyage, les Roms… et la liste est encore longue.

On m’appelle, paraît-il, la sénatrice des indignés. Mais la première à être indignée, c’est moi ! Mes propositions de lois dérangent un gouvernement effrayé par les questions sociétales. Ce qui me vaut des rappels à l’ordre réguliers. Tant pis. Je suis là pour porter des convictions. Rien d’autre ne compte vraiment.

Esther

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